Making of du trailer vidéo

Journal de bord d'Eviral, développeur du jeu vidéo amateur The Bloodian Chronicles, un fan game qui rend hommage à l'arche du Captain Blood, un jeu vidéo de science fiction sorti en 1988 sur Atari ST, Amiga, Amstrad, Commodore...

Making of du trailer vidéo

Je vous propose de vous présenter les coulisses de la création de la bande annonce vidéo de The Bloodian Chronicles.
Il m’a fallu du temps pour arriver à avoir une idée claire de ce que je voulais faire et comment je voulais le faire.

Même si aujourd’hui je suis assez content du résultat, avec le recul je me rends compte que j’ai fait quelques erreurs et j’aurai pu faire certaines choses autrement.

Quand on a fait un jeu vidéo, le trailer vidéo est un passage obligé car il montre des séquences de gameplay et permet au joueur de se faire une idée précise du jeu.
Le trailer vidéo c’est un outil marketing puissant pour faire connaître votre jeu.
Les screenshots c’est bien, mais la vidéo c’est mille fois plus riche pour capter l’attention de quelqu’un et susciter émotion et intérêt de sa part.

Comment créer un trailer de jeu vidéo ?
Et bien, je vais essayer de vous apporter quelques éléments de réponse…

Un peu de recherche

Pour commencer j’ai pas mal recherché sur Google des conseils pour créer un trailer de jeu vidéo.
J’ai découvert qu’il y avait des règles de base à respecter pour faire un “bon” trailer efficace.
Un bon trailer est un trailer qui envoute le joueur potentiel jusqu’à générer un clic de sa part pour télécharger le jeu dans la foulée (Call To Action).

Je me suis pas mal basé sur les conseils de Nathan Lovato ici :
https://gameanalytics.com/blog/dos-and-donts-of-game-trailers

Il explique les 9 choses à faire et à ne pas faire quand on veut créer un trailer vidéo pour un jeu indé.

Structure de la vidéo

Comme l’explique Nathan Lovato, un trailer efficace se découpe en 3 grandes parties :

  • Commencez par une brève introduction qui attire l’attention
  • Proposez une histoire courte en utilisant des images du jeu et quelques citations si possible
  • Terminez par un appel à l’action fort pour dire au spectateur où et quand il peut obtenir le jeu

Le tout doit durer entre minimum 30s et grand maximum 90s.
(Les internautes ont une capacité de concentration réduite et zappent facilement)

Rédaction du storyboard

J’ai eu du mal à rédiger un storyboard respectant le découpage en 3 grandes parties.
The Bloodian Chronicles est un jeu très narratif avec un scénario élaboré et riche, c’est pourquoi j’ai eu tendance à vouloir expliquer trop de choses au début et ça ne rentrait pas dans les 90s max.

1. Courte introduction captivante (15s)

L’Aquarii… {images galaxie, pléiades, planètes}
Un immense univers parallèle au notre
Des milliers de planètes habitées par de fabuleuses créatures.

2. Présentation histoire en utilisant des séquences du jeu (45s)

Loon {image visage Loon cryogénisée}
Réveille toi {sarcophage cryogénisation}
Tu as perdu la mémoire
Tu es à bord de l’arche {image intérieur arche}
Tout est étrange ici {image Nehah}
Tu es en danger
Cet univers est si vaste {explosion planète}
Recherche les 3 bloodians
Ils connaissent la vérité sur tes origines
Ils sont sans doute morts depuis des milliers d’années quantiques

3. Appel à l’action, quand et où pouvoir jouer au jeu (20s max)

Protégez Loon !
Trouvez le secret qu’elle porte en elle
Explorez les 12 galaxies de l’Aquarii {image hyperespace}
Retrouvez le mausolée des 3 bloodians perdu au fin fond de la galaxie morte {image mausolée)

Quelques bribes de mémoire {image Fleck}
Une quête entre mythe et réalité {image Kheogh}
Un voyage à travers l’espace et le temps {image Ehobo}
30 ans après l’arche du captain Blood

Le jeu hommage {image lévitation}
Disponible sur www.bloodianchronicles.com

Capture vidéo de séquences du jeu

Je suis sous Windows 10. J’ai utilisé la Windows game bar (Windows+G) pour prendre des extraits de jeux de 3 à 4s chacun. Les extraits ont été enregistrés en full HD (1920×1080) en mp4.

Enregistrement de la voix

Une voix off présente Loon et commence à raconter son histoire.
Etant donné que je n’ai pas vraiment de matériel d’enregistrement audio, j’ai tout simplement enregistré la narration moi même sur mon téléphone portable (Samsung Galaxy S6) en mono au format m4a.

Très important, il faut enregistrer la totalité du texte en une seule passe pour garantir une tonalité et une intonation homogène tout le long de la vidéo. Si on fait ça en plusieurs prises on ne peut pas retrouver les mêmes conditions d’enregistrement et ça s’entend, ça sonne mal.

Ensuite avec Goldwave (ou Audacity), j’ai simplement changé le timbre de la voix (pitch) pour la rendre plus grave et rocailleuse puis ajouté un bon gros coup de reverb. J’en ai profité pour passer la piste audio en stéréo.

J’ai découpé toutes les phrases pour en faire des fichiers wav séparés.

Musique et effets sonores

La partie son est absolument capitale !
Une vidéo sans son a beaucoup moins d’impact. Le son amplifie la perception et apporte de la dynamique et de la puissance.

J’ai eu du mal à trouver la bonne musique. Je suis allé sur le site freesound.org, c’est là que je pioche la plupart de mes musiques et effets sonores. J’ai fait de nombreux essais jusqu’à trouver la musique qui collait le mieux.

Attention de bien lire les conditions d’utilisation (projets gratuits ou commerciaux) et de respecter la licence (souvent Creative Commons). Souvent les auteurs sont ravis de voir leurs œuvres utilisées dans des projets sympas.

Trouver un bon template

Une fois qu’on a le storyboard, le timing, les sons, la musique et tous les assets de prêts, on peut commencer la partie montage !

Nathan Lovato recommande d’utiliser des logiciels qu’on connait déjà plutôt que de se lancer dans l’apprentissage de softs super pros mais trop complexe.
Il a raison. Créer un trailer c’est déjà beaucoup de travail, perdre des jours et des jours pour apprendre à utiliser un soft c’est la mort de votre motivation assurée.

Pour le montage j’ai utilisé une vieille version d’After Effects (CS6), c’était largement suffisant.

J’ai eu du mal à créer des transitions sympas entre les captures vidéos du jeu, c’était fade et ça manquait de liant.

J’ai finalement trouvé un super template pour After Effects qui ma apporté un cadre visuel et un Whaoo effect pour pas cher. Je ne regrette vraiment pas ce petit investissement, je n’y serai probablement pas arrivé sans ce template.

Encore une fois il faut bien lire les conditions d’utilisation.
Même en payant, il peut y avoir des limitations et des contraintes d’utilisation.

https://videohive.net/item/glitch-techno-media-opener/28907727

Le montage

Il m’a fallu environ 1 semaine pour arriver à quelque chose de pas mal sous After Effects et 2 semaines supplémentaires pour tout finir nickel.

Grace au template les transitions étaient déjà en place, j’ai pu me concentrer sur l’ordre des séquences vidéos, la narration et le fait que l’ensemble soit fluide en terme de compréhension.
Le piège c’est de vouloir empiler les effets (FX), c’est facile avec After Effects, mais il faut privilégier la simplicité pour que le message reste facile à digérer. Avec trop d’effets ou de choses affichées à l’écran ça devient brouillon et on perd le spectateur car il a trop de choses à voir en peu de temps et il risque de perdre le fil.

Dans After Effects, on importe les assets (images, vidéos, sons…) et on les pose dans la composition principale.
On les agence les uns à la suite des autres sur la timeline.
On peut créer des sous compositions qui on leur propre timeline, c’est ultra pratique.

La vidéo dure 1mn 23s (soit 83s).
Pour que After Effects arrive à effectuer le rendu de toutes les calques et de toutes les compositions agencées sur la timeline, il faut environ 5h de rendu sur mon Dell qui est très récent.
J’ai lancé le rendu des dizaines et des dizaines de fois le soir avant de me coucher jusqu’à arriver à un résultat satisfaisant.

Recommandations pour du streaming

Pour faire une vidéo destinée à YouTube, Facebook ou Vimeo, il faut respecter quelques règles.

J’ai choisi une résolution Full HD (1920×1080 pixels = 1080p) car The Bloodian Chronicles est natif Full HD (tous les assets du jeu sont en Full HD). Je n’aurai donc pas pu faire une vidéo en 4K.

Ensuite le format recommandé (container) est le mp4.
J’ai utilisé le codec H264 car il permet d’avoir un très bon compromis qualité de la vidéo/poids du fichier (60Mo pour 83s en full HD).
En ce qui concerne le nbr de frames par seconde (framerate ou FPS), j’ai laissé la valeur par défaut dans After Effects : 25 images/s.
Ensuite, pour le débit, j’ai utilisé la valeur par défaut de 6Mo/s (Google recommande de ne pas dépasser 8Mo/s pour du 1080p).

Pour finir, pour la partie son, il faut utiliser de l’AAC, c’est un codec qui passe partout (en 48kHz c’est bien suffisant).

Vous pouvez consulter les recommandations de Google : https://support.google.com/youtube/answer/1722171?hl=fr

En respectant ces quelques règles, vous n’aurez pas de mal à importer votre vidéo sur la plupart des sites de vidéos en streaming.

Multi langues

J’ai commencé par faire la vidéo en français car c’était plus facile.

Pour la version en anglais, étant donné que je ne suis pas bilingue, pas ultra fluent et que mon accent est assez catastrophique, je suis passé par le site Upwork, un site où des indépendants proposent leurs services.

J’ai choisi un traducteur franco-américain pour me traduire le texte du trailer en anglais américain (US english).
Je voulais une traduction parfaite et non pas une traduction approximative et maladroite.

J’ai ensuite choisi un autre américain spécialisé dans l’enregistrement de voix en lui expliquant que je voulais une intonation bien particulière. Après 2 ou 3 prises, le résultat était concluant et la qualité d’enregistrement bien meilleure qu’avec mon téléphone.

J’ai ensuite dupliqué mon projet After Effects pour y intégrer les trads et les voix en anglais et générer le trailer en anglais.

Le résultat final

Conclusion

J’espère que ce making of du trailer vidéo de The Bloodian Chronicles vous a interessé.

C’est finalement beaucoup de travail en amont et beaucoup de préparation. Il ne faut pas se lancer tête baissée et improviser. Le montage n’est finalement que l’étape de fin.

Quand on ne sait pas faire quelque chose, on peut le sous traiter (trouver un mec sympa qui veut bien aider ou débourser un peu si on trouve personne).

Avec le recul, mon trailer n’est pas parfait, il est finalement trop long. Tout le monde ne le regarde pas jusqu’au bout.
Je dois aussi améliorer le taux de conversion (nbr de clics générés), mais dans l’ensemble j’ai eu de bon retours dessus, je pense qu’il produit son petit effet. C’était le but recherché !

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